Autisme : et pourquoi pas l'ostéopathie ?

Quand on accompagne un enfant ou un adulte autiste, on est souvent frappé par les tensions qu'il subit, qui traduisent ses angoisses, ses difficultés parfois cumulées de longue date. Certains se sont tournés avec plus ou moins de succès vers des traitements, allopathiques, homéopathiques, etc. Certains ont des traitements lourds avec tous les effets secondaires que cela peut induire, d'autres y ont renoncé, justement à cause de ces effets secondaires.

Il existe des thérapies alternatives pour tenter d'apaiser les maux de l'angoisse comme la psychothérapie, la sophrologie, le qi quong, le reiki, l'étiopathie, la kinésiologie, etc... Pour ma part, je travaille depuis quelques mois en partenariat avec Fanny Dorbec, une ostéopathe laonnoise.

 

Quand on pense "autisme", on ne pense pas forcément à l'ostéopathie car on s'imagine d'emblée que le contact physique sera un frein. Or c'est évidemment un travail d'approche qui permettra à l'ostéopathe d'établir un contact physique avec l'enfant et de le mettre en confiance peu à peu.

Si je propose maintenant, très souvent aux parents d'organiser ces séances d'ostéo, c'est qu'à chaque fois que je les ai mises en place ça s'est révélé très bénéfique pour l'enfant, dans l'instant T mais jusque 15 jours / 3 semaines encore après. J'ai même vu un garçon plutôt agité, s'endormir sur la table de Fanny dès la première séance et réclamer à la revoir chaque jour tant cela lui fait du bien... Pour certains enfants, la détente est immédiate, pour d'autres il faudra un peu plus de temps, chaque enfant à son rythme et Fanny sait s'adapter aux difficultés sensorielles qui pourraient rendre la séance très compliquée, voire impossible. Notamment pour la difficulté à s'allonger, ou à monter sur la table, elle propose à l'enfant de s'asseoir sur la table ou même au sol afin de commencer la séance en douceur. Ces précautions et cette adaptation à ses difficultés rassurent l'enfant et son parent.

La présence des parents est utile à la sécurisation de l'enfant (mais aussi du parent !) mais elle permet aussi d'offrir au parent le bonheur de voir son enfant s'apaiser sous les mains de l'ostéopathe... quel soulagement...!

Evidemment, une séance annuelle ne suffit pas, il faut envisager le recours à l'ostéopathie non pas comme à un remède miracle mais comme à un accompagnement supplémentaire de l'enfant, en parallèle de ses autres accompagnements (psychomot, educ, psycho, ortho, ergo...).

Par ailleurs, l'ostéo permet un travail sur le contact physique et sur la capacité à ressentir la douleur. En effet, certains enfants autistes éprouvent une hyposensibilité à la douleur ou même s'ils la ressentent une incapacité à la verbaliser (et ce que l'enfant soit verbal ou non...). Ainsi lors d'une première séance Fanny a pu découvrir qu'un enfant avait subi moult entorses aux chevilles sans qu'il ait pu exprimer sa douleur à chaque fois. Depuis ce garçon a pu exprimer sa douleur quelques jours après une séance, sur une zone de son corps où elle avait particulièrement travaillé.

 

 

Si l'ostéopathie soulage les enfants, elle peut aussi soulager les parents, d'abord en leur permettent de voir leur enfant plus apaisé mais aussi par le biais d'une séance pour eux, afin de soulager aussi les multiples tensions que chaque parent d'enfant autiste ne manque pas de cumuler entre un quotidien souvent compliqué, des démarches stressantes et des perspectives souvent angoissantes...

Encore une fois, ce n'est pas miraculeux, ça ne fera pas disparaitre l'autisme d'un enfant (comme certaines thérapies disent pouvoir le faire...).Mais si l'ostéopathie permet de soulager des maux physiques résultant de maux psychiques, si elle permet de fait de réduire des troubles du comportement, des tics, des TOC, bref des angoisses, si par ailleurs elle permet à l'enfant de pouvoir se laisser toucher (car n'oublions pas que certains enfants refusent même un contact physique avec leurs parents), on peut se dire qu'elle aura déjà rempli une grande mission !

J'invite les parents à ne pas hésiter à consulter un-e bon-ne ostéopathe, ça vaut le coup d'essayer !